Les précieux conseils d’Etty Buzin

Etty Buzin nous aide à amorcer une réflexion sur la question.

Quelle pression la société exerce t-elle sur nos familles ?

Connaissez-vous Etty Buzin ? Je suis bien consciente du fait que Wikipédia serait meilleur que moi pour vous en faire la biographie mais j’ai un avantage et non des moindres. J’ai eu la chance de la rencontrer en PER-SON-NE ! Je serai donc très heureuse de vous parler de cette femme qui a suscité tant d’émotions en moi.

Etty Buzin, impressionnante par sa simplicité, est pourtant une femme au parcours riche. Dans le cadre de sa formation de psychologue clinicienne, psychothérapeute et pédagogue spécialiste de la petite enfance, elle a participé à l’expérience de la thérapie mère/bébé avec Françoise Dolto.

Invitée par l’association Question d’enfance / Paroles de parents,  elle nous a fait le plaisir d’apporter sa vision des choses sur notre mode de vie actuel. Concilier les contraintes sociales exercées sur le rythme de nos familles et préserver un espace de liberté pour nos enfants reste une énigme pour plus d’un.

L’ayant découverte récemment, j’ai tout de suite apprécié sa philosophie. Elles est effectivement arrivée avec brio, à me réconcilier avec mon rôle de maman. Grâce à elle, je réalise peu à peu que je souffre peut-être d’une espèce de pathologie du lien – comme si l’amour de mes filles était conditionné.  Conditionné par quoi ? Je ne sais pas trop et c’est justement pour cette raison que j’ai couru à l’annonce de ladite conférence.

Pour commencer, Mme Buzin nous invite à jeter un regard sur nos vies et sur celle de nos enfants. Qu’en faisons-nous au quotidien ? Profitons-nous de tous les petits bonheurs ou sommes-nous à la recherche continuelle  d’un quotidien exceptionnel ?

Pour elle, il n’y a pas de doutes, le tableau n’est pas agréable. Il existe une angoisse perceptible aussi bien chez les enfants que chez leurs parents. Nous subissons tous la pression du bon élève,puis du diplôme et enfin du statut en entreprise. Nous projetons nos ambitions sur nos petits et espérons au plus profond de nous qu’ils soient les meilleurs. Pour y arriver, nous multiplions activités sportives et culturelles, cours de soutien, stages et éveils en tous genres. A ce moment précis, elle nous parle de gavage intellectuel. Nos enfants arriveraient à saturation en raison de toutes ces sollicitations.

Il est vrai qu’en tant que parents, il est flatteur d’avoir un enfant intelligent, exceptionnel, adoré, adulé, respecté, beau, cultivé, en avance par rapport à la moyenne…bref. Cela traduit tout ce à quoi nous nous employons au quotidien : projeter sur nos enfants, nos propres ambitions.

Est- ce de cette manière que l’on fait des enfants heureux ? Etty Buzin nous donne son avis .

Ci-dessous ses précieux conseils :

  1. Pour elle, il faut cultiver la différence chez nos enfants

Etty Buzin prône une certaine tolérance à la déviance de la norme. Elle nous parle alors de son petit fils qui, en classe de 5e, n’est pas près d’être en tête de classement. Cependant, il écrit des poésies absolument fabuleuses. Elle l’adore. Contrairement à l’équipe enseignante, son professeur de français est elle aussi émerveillée par les textes qu’il peut écrire. Etty Buzin trouve des qualités à cet enfant, qui ne sont pas considérées par la majorité. Si cela ne tenait qu’à elle, elle ne chercherait absolument pas à ce qu’il rentre dans un moule. Celui du « bon élève». Au contraire, elle nous convie à les aider à trouver leur voie afin qu’ils s’épanouissent pleinement.

  1. D’autre part, il est recommandé de respecter les étapes nécessaires au développement de l’enfant :

Celles-ci se trouvent chamboulées par les diktats de la société actuelle. Plus un enfant est précoce, plus l’on a tendance à en être fiers. Et pourtant, sauter les étapes est néfaste. Pour illustrer cela, Etty Buzin nous fait part de l’histoire d’un petit garçon qu’elle a suivi quelques temps dans son cabinet. Les parents s’étaient tournés vers elle suite à une sévère irruption de ganglions. L’origine du mal n’ayant pu être décelée malgré une batterie d’examens médicaux. Nous apprendrons que ce petit homme faisait partie d’une école expérimentale qui tentait d’apprendre à lire à des enfants de 3  ans. Les parents qui avaient placé beaucoup d’espoir dans ce programme en étaient arrivés au point d’oublier qu’il s’agissait d’un enfant. En se montrant extrêmement exigeants envers lui, ce petit bonhomme a commencé à développer toutes sortes de pathologies dont l’apparition des fameux ganglions. Après plusieurs séances et des dessins très parlants, celui que j’appellerai Mathias avouera à Etty Buzin « vouloir jouer et ne pas devenir grand ».

  1. Ne pas déposséder l’enfant de son désir propre : celui de découvrir, rêver, interpréter le monde à sa façon.

Pour elle, l’oisiveté est totalement indispensable. J’avoue que je suis la première à être désarmée lorsque ma première fille me sort la phrase suivante : « Maman, je ne sais pas quoi faire, je m’ennuie ». Je m’empresse de faire l’inventaire des spectacles et autres animations  proposés dans les environs. Je fais cela pour éviter qu’elle ne passe une après-midi à rien faire. Dans ces moments, c’est un peu comme si si je remettais mon statut de maman en question. Je pense systématiquement qu’une « maman formidable » ne peut accepter que son enfant s’ennuie. Aujourd’hui, je sais que je me trompe sur toute la ligne et je suis vraiment heureuse de le découvrir… Oui, c’est épuisant de se creuser les neurones au premier temps libre pour tomber sur la sortie/activité qui fera le plaisir de tous. Il ne faut que ce soit trop désagréable pour le papa; pas trop philosophique pour les enfants mais tout de même ludo-éducatif; pas trop cher pour pouvoir en faire souvent; aux bonnes horaires car mes filles font encore la sieste; et enfin il faudrait que l’activité soit innovante donc différente de tout ce que nous avons déjà fait.  Ce que je raconte ici doit certainement vous parler ! C’est tellement bon d’apprendre que mes enfants ont besoin d’oisiveté. Etty Buzin nous estime que l’oisiveté est  synonyme d’imagination, de voyage  et de créativité.

  1. Adapter l’information à l’âge des enfants.

Elle ne recommande pas que l’on parle de tout avec nos enfants. D’une part, tous les sujets ne sont pas sensés les intéresser et d’autre part, ils n’ont pas encore la capacité intellectuelle pour emmagasiner tout ce que nous voudrions leur transmettre. Sans cesse sollicités et inondés d’informations, les petits ont tendance à attendre tout de l’autre.  Nous risquons ainsi de brider leur curiosité.

  1. Des jouets oui mais pas démesurément !

Face à la pression que représente la société, notre état de parent nous amène souvent à céder. Nous commençons par dire « NON » à la dernière tablette puis nous changeons d’avis car nous craignons que notre garçon soit considéré comme marginal au lycée. Notre fille a une multitude de poupées et pourtant nous nous dépêcherons d’acquérir la dernière poupée princesse, héroïne d’un grand dessin animé. Nous avons envie également que nos enfants possèdent des jouets qui se rapprochent étrangement « d’œuvre d’art». Avez-vous remarqué que nos petits ne jouent pas avec ? Les miennes, elles, ont leurs préférés. Je me suis plusieurs fois demandée « POURQUOI ». Etty Buzin pense qu’un enfant n’a pas besoin de tant de jouets. Elle nous parle de son enfance en expliquant qu’étant petite, elle n’avait qu’un livre  (Bécassine). Pourtant, elle débordait d’imagination. Elle s’inventait plusieurs mondes autour du personnage principal, lui confectionnait des vêtements en papier, lisait et relisait l’histoire. Comme pour plusieurs d’entre nous, Etty Buzin, elle non plus ne croulait pas sous les jouets et pourtant était heureuse. Entendre cela m’a amenée à faire une rétrospective sur ma propre enfance. En effet, je n’avais que très peu de jouets mais j’en étais satisfaite. J’y tenais comme à la prunelle de mes yeux. Avec du recul, je réalise que cela m’a permis d’apprendre la valeur des choses et les respecter. Le sujet fait chemin en moi et j’arrive à la conclusion suivante : mes filles n’ont peut-être pas besoin de tout ce qu’on leur offre. Mais bon, nous le faisons car nous les aimons … on verra plus tard !

  1. Les nouvelles technologies ne doivent pas se substituer aux parents :

Etty Buzin déplore le fait que les enfants soient souvent abandonnés, devant la télévision. Elle recommande de passer un peu plus de temps avec eux. Réduire le temps passé devant tablettes, téléphones et autres, c’est plus de temps pour des ballades, de la lecture et des repas en famille.

 

 

Cette rencontre, m’ayant permis d’aborder de véritables questions du quotidien, m’a réellement apaisée. Comme je le dis plus haut, Etty Buzin m’a réconcilié avec mon statut de maman. Je suis une maman qui aime ses filles, qui ferait tout pour elles mais je suis aussi une femme, active, ayant une vie en dehors de mes petites. Même avec  toute la volonté et tout l’amour du monde, je suis incapable de remplir l’agenda, d’activités pour ne pas qu’elles s’ennuient. C’est merveilleux de s’entendre dire que l’oisiveté peut être une alliée.

Je suis heureuse d’avoir découvert Etty Buzin et je continuerai de la suivre.

 

Si comme moi, vous désirez en savoir plus, je vous recommande un de ses ouvrages que je suis actuellement en train de lire. C’est un régal. Il s’agit de « Papa,maman, laissez-moi le temps de rêver ! » . Ce livre aborde les sujets précédemment évoqués. J’ai également lu « Je t’aime donc je ne céderai pas ». Celui-ci pourrait servir d’aide aux parents en manque de confiance en eux. Etty Buzin tente de nous convaincre que fixer des limites à nos adorables garnements leur est bénéfique. J’ai adoré.

Nos enfants sont merveilleux c’est vrai mais n’oublions pas qu’ils ne sont que des enfants. Respectons leur enfance ! Laissons-leur le temps de grandir.

 

Bien à vous !

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