Parler de mort avec mes enfants

Parlons de mort à nos enfants

Le repas familial est le moment parfait pour répondre aux questions de nos petits.
Le sujet : La mort expliquée à mes filles.

Comme tous les soirs, nous passons à table pour un dîner comme nous les apprécions. C’est vendredi soir, nous avons un peu plus de temps à passer ensemble en cuisine et à table.

Au menu :

  • Assiette de crudités
  • Frites et pavé de saumon au four
  • Compotes et fruits secs
  • Mousse au chocolat

 

 

Comme d’habitude, je commence par évoquer la journée qui vient de s’écouler : qu’ont-elles fait en classe ? Ont-elles été sages ? Ont-elles appris une nouvelle chanson ? Se sont-elles fait des amis ?

En retour, elles me racontent leurs moments de joies et de tracas de petites filles : « je me suis levée et j’ai fait un bisou à la maîtresse », « Raphaël ne veut plus me donner la main dans le rang », « Paloma est ma copine », Victoria a dit qu’elle m’inviterait à son anniversaire mais je ne sais pas quand ».

Une fois l’entrée engloutie, je me lève avec l’intention de servir le plat. A ce moment, ma fille me demande si elle peut me poser une question. Je sais immédiatement qu’il s’agit de quelque chose qui la tracasse. J’appréhende ! Aurais-je la réponse ? Pourquoi ne saurai-je pas répondre ?

Bref … je me rend disponible (en apparence en tous cas) et lui adresse un adorable : « bien sûre ma chérie, que veux-tu savoir ? » Elle me pose la question suivante :

Maman, est ce que toi aussi tu vas mourir ? 

Quelle horreur ! Je l’ai déjà dit, c’est un sujet que je déteste. Comment parler de mort avec mes enfants ? Je suis angoissée mais je respire un bon coup et lui demande :

Sais-tu ce qu’est la mort ? 

Elle m’explique que c’est lorsque l’on ne respire plus et que l’on ne peut plus bouger. J’acquiesce. J’ajoute le fait qu’une personne morte ne peut plus  ni parler ni entendre. Je suis absolument dévastée mais me dis qu’il est sacrément temps d’aborder ce sujet au même titre que les autres.  Je pense à leurs papys et mamies qu’elles adorent mais qui malheureusement prennent de l’âge. Parler de mort avec mes enfants est finalement une façon de les protéger. Ainsi, elles sauraient mettre des mots sur leurs émotions lorsque l’inévitable arrivera. Sans parler du fait que je sois moi-même amenée à mourir, je lui parle de la mort en général. Je lui réponds en lui disant que tout le monde finira par mourir mais dans « très, très, très longtemps ». Pour ne pas lui créer d’angoisses, je fais le choix de lui dire que la mort arrive quand on est très, très, très vieux. Je vois à son visage, qu’elle est rassurée mais comme toujours, elle veut avoir le dernier mot. Très curieuse et éveillée, elle me demande ce qui se passe quand on meurt. Je vous traduis, mon aînée aimerait savoir s’il existe une quelconque vie après la mort. C’est ce que je comprends lorsque je lui demande de reformuler sa question. Je me rappelle à cet instant, qu’une fois, en balade, nous étions passées devant un cimetière. Elle m’avait demandé comment les morts montaient au ciel.

Quelle bêtise ! Pourquoi racontons-nous aux enfants que nos morts montent au ciel ? Eh oui, comment les morts se rendent-ils au ciel ? En avion, en fusée ou en parachute ? Je n’ai pas d’autre alternative que d’aborder la notion si complexe d’esprit !

Elle fait un rapprochement entre esprit et « sa pensée qui l’aide à réfléchir » comme elle le dit si bien. Elle n’est pas très convaincue mais accepte mes explications. Je la comprends. Je comprends que ce soit plus simple d’imaginer un corps qui prend l’avion plutôt qu’un esprit qui s’envole dans les airs.

Consciente que je n’ai sûrement pas trouvé les mots justes sur le sujet, je fais le tour des avis des professionnels. Je m’arrête sur le petit bouquin du Docteur Catherine DOLTO intitulé « Si on parlait de la mort« . Très bien écrit, ce livre aborde avec simplicité et vérité un thème difficile. L’auteur y explique le cycle de la vie en partant de la naissance jusqu’à la mort. Il s’agit là d’un concentré de mots justes que nous, parents, au quotidien, ne trouvons pas toujours.

Inutile de vous dire qu’après dix minutes de questions/réponses sur ce chapitre (pas mon préféré), j’ai perdu mon appétit. Pas question de laisser transparaître mon angoisse pour ne pas les inquiéter. Au final, la mort fait partie de la vie et c’est bien cela que je souhaiterai transmettre à mes filles.

Malgré « le petit malaise » dans lequel cette conversation m’a plongée, je me dis que c’est juste merveilleux d’en parler. Passer du temps avec nos petits les met en confiance et leur permet de s’ouvrir à nous plus facilement. Un de nos moments à nous, c’est le repas. C’est fantastique !

Et vous, êtes-vous arrivés à parler de mort avec les vôtres ? Dites-moi tout.

Bien à vous.

Kady.

 

 

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