(Re) passons à table !

 

Repassons à tableNous sommes loin du temps où pour nos parents, il était essentiel de réunir toute la famille autour d’un bon repas .

Dans cette vie où tout va trop vite, nous ignorons bien souvent les petits plaisirs qui nous procurent pourtant du bien. Quoi de plus enrichissant que de consacrer quelques minutes à  ses proches ? Quelques minutes pour échanger, discuter, observer, apprendre, se rapprocher, transmettre … Le tout en se régalant ! Nous ne connaissons que trop peu les bienfaits des repas en famille.

Avant l’arrivée de mes filles, le seul bénéfice que je leur allouais était « la convivialité ». Après leur naissance, certaines choses ont changé. Mes congés maternité arrivant à leur terme, il a fallu reprendre le travail. Comme je le mentionne dans mon premier post, je n’avais plus de temps pour rien. J’arrivais tant bien que mal à cuisiner pour mes filles. Afin de les coucher tôt, je les faisais dîner avant moi. Je m’attelais ensuite à ranger, nettoyer et prévoir le maximum de choses pour le lendemain. Puis, je m’octroyais enfin une pause et me mettais à table. Le temps passant, quelque chose me manquait de plus en plus. J’étais à la recherche de moments qui me replongeraient dans mes années d’adolescence, chez mes parents, avec frères et sœurs autour de la grande table familiale. Comme c’était bon ! Tous ensemble à causer, rigoler, se chamailler, se réconcilier, se re-disputer, se bouder, se pardonner …. bref c’était le bonheur! Toutes ces choses me manquaient. Et pourtant, plus jeune, je m’étais promis de perpétuer les valeurs que mes parents m’avaient transmises. Ce schéma familial a fait de moi la femme épanouie et accomplie que je suis aujourd’hui sans que je ne sache réellement comment.

Plusieurs années plus tard, je me rends compte avec regrets et remords que j’ai perdu mon fil conducteur. Je m’en veux de priver les petites de cette chance.

Suite à cela, je me mets à faire tout un tas de recherches sur le net :

  • « Comment s’organiser ? » : pour gérer au mieux le travail et la maison
  • Travailler et partager des repas en famille » : est-ce réellement possible ?
  • « Ai-je le droit de moduler mes horaires de travail ? » : pour rentrer plus tôt
  • « Repas rapides à cuisiner le soir » : en envisageant de cuisiner tous les soirs
  • « Recettes à congeler » : pour n’avoir qu’à réchauffer le soir en rentrant

Je trouve pas mal de réponses et plus encore. Le repas de famille aurait plus de vertus que je ne l’aurais imaginé ? Serait-ce cela le secret de la personne équilibrée que je suis ?

Effectivement plusieurs études l’affirment. Prenons l’exemple d’une enquête dirigée par le Docteur Jayne Fulkerson, professeure agrégée à l’université de Minneapolis aux Etats Unis, étude réalisée en collaboration avec l’hôpital pour enfants de Toronto. Selon elle, le souper familial est effectivement « convivial » mais il est également reconnu pour d’autres raisons.  Souper en famille serait :

  • Un bon moyen de s’assurer que nos bambins bénéficient d’une alimentation saine : les enfants ont  une fois et demie plus de chances de recevoir leurs cinq portions quotidiennes de fruits et légumes en mangeant en famille
  • Un palliatif contre la première cigarette, les drogues et l’alcool, les difficultés scolaires, les troubles alimentaires et comportementaux : point appuyé par une étude de l’Université de Harvard. Selon cette dernière, 86 % des adolescents, qui dans leur enfance ont eu la chance de prendre leurs repas en famille au moins 5 fois par semaine déclarent ne jamais avoir essayé de fumer
  • Un accélérateur d’alphabétisation pour les enfants car ils améliorent leur vocabulaire en écoutant et en interagissant avec les adultes à table
  • Développeur d’estime de soi et d’habiletés en communication du fait que chaque participant s’exprime. D’autre part, les membres de la famille réalisent l’importance qu’ils ont lorsqu’ils se savent attendus avant chaque dîner.
  • Un lieu d’échanges : recueil de points de vue, opinions et anecdotes …

Selon le Dr Jayne Fulkerson, le repas familial « agit comme un facteur de protection contre nombre de comportements dysfonctionnels qui peuvent avoir une influence négative sur la santé mentale des jeunes et sur leur développement ».

Cela dit, mon expérience personnelle me permettra d’ajouter que les repas pris ensemble renforcent les liens familiaux, réduisent les risques d’obésité, fabriquent des souvenirs, favorisent la transmission des traditions, relaxent. J’en fais l’expérience depuis quelques mois et je suis conquise. Les débuts ont été difficiles, j’ai tâtonné mais j’ai finalement réussi à instaurer ce rituel dans nos vies. Nous en profitons pleinement. Les professionnels recommandent au moins 3 repas pris en famille par semaine. De notre côté, nous faisons le maximum mais ce n’est pas tous les jours possible. Ce n’est pas grave, je pars du principe qu’ « un repas à table vaut mieux que pas de repas du tout ». Nous avons trouvé notre rythme.

Cela me permet de m’endormir tous les soirs la tête pleine d’images. Je repense à tous les sujets abordés à table, nos tentatives de réponses, les crises, les câlins, les grimaces, les fous rires … j’avais oublié que tant de belles choses pouvaient se passer en aussi peu de temps. Nos repas ne durent qu’une heure et pourtant ils sont si enrichissants. Pour rien au monde je ne reviendrai en arrière. J’ai appris à me déconnecter de tout autre chose pendant ce laps de temps, pour me consacrer aux miens. C’est fabuleux ! Plus de repas le soir, en triant le linge sale, pliant le linge propre, avec l’ordinateur sur les genoux. J’ai remarqué que mes filles qui, célèbres pour leur lenteur à manger, ont changé d’attitude. Elles se régalent en notre compagnie. Plus besoin de leur dessin animé favori en tâche de fond. Elles finissent leurs plats et ce, dans des délais raisonnables. De mon côté, je suis beaucoup moins impatiente. Je n’attends plus de façon obsessionnelle la fin de leur repas afin de m’adonner à d’autres tâches qui au final peuvent attendre. J’adore les voir heureuses avec nous; je me délecte de nos conversations. C’est mignon de voir leurs petites bouches mâchouiller. Je suis flattée lorsqu’elles demandent à être resservies. Je suis ZEN. Je n’avais plus ressenti cela depuis longtemps.

 

Cela dit, l’exercice du repas familial qui se déroule dans de bonnes conditions n’est pas toujours évident.                C’est tout un tas d’attitudes à changer et pas mal de techniques à acquérir. Nous en reparlerons.

Pour l’heure, en ce début d’année 2015,  j’ai décidé de poursuivre sur ce chemin et de permettre à d’autres personnes de l’expérimenter. Pour cela, je travaillerai à réaliser des choses utiles. Mon souhait ultime serait que la majorité des familles réalise que le bonheur est à portée de main.             A table, nous entrons en communication profonde, les uns avec les autres.

2015, ce sera ça :

Encore plus de repas ensemble

Me remettre au sport

Moins de temps devant les écrans pour les petites

Une communication idéale entre nous

A lire :

Articles sur Psychologie.com, NaîtreetGrandir.com, leFigaro.fr 

Et vous, où en êtes-vous dans vos repas ? Dînez-vous en famille ? Si non, pourquoi ?

Bien à vous.

2 thoughts on “(Re) passons à table !

  1. Je partage tellement tout ce qui est écrit ici!
    Petite j’ai toujours connu les repas partagés en famille, tous ensemble, sans écran riches de partage, de rires, de jeux sur les genoux de papa et maman en fin de repas… que du bonheur!
    Je m’étais jurée de reproduire ce qui m’avait été transmis mais en regardant mon quotidien, je suis bien loin du compte… maman de deux enfants de 4 ans et 2 ans, je me rends compte que les repas partagés ensemble relèvent de l’exception et cela m’attriste. J’ai la chance de ne pas travailler le mercredi et depuis peu je prends enfin le temps de déjeuner avec mes deux garçons le midi. L’autre jour mon fils aîné me dit « maman j’adore quand tu manges avec nous ». Cela m’a fait un pincement au coeur car pour eux c’était jour de fête alors que pour moi petite c’était un rituel! Je vais donc suivre attentivement les conseils de ce blog car j’ai vraiment envie de changer nos mauvaises habitudes… il est vrai que quand je rentre du travail à 19h, la 1ère chose que les enfants me demandent est « qu’est-ce qu’on mange? » et qu’il faut donc un peu d’organisation pour leur servir un repas équilibré! Généralement j’essaye de cuisiner un peu plus le dimanche et le mercredi pour avoir des restes pour les autres jours mais les repas ne sont pas souvent partagés. A 19h les enfants dînent et j’attends que le papa rentre pour dîner vers 20h30 quand les enfants sont couchés…Je dois ces derniers temps de plus en plus répondre à la question « pourquoi tu ne manges pas avec nous maman? » Je réponds que j’attends papa pour manger car sinon il sera tout seul mais cela me fend le coeur… je pense qu’il faut effectivement que l’on trouve une nouvelle organisation adaptée à nos deux garçons qui ont l’âge maintenant de partager des repas en famille!

    • Sandrine,

      Je suis vraiment contente que tout ce j’écris te parle. Ce n’est pas tous les jours facile je sais.
      Cependant, à notre décharge, nos parents n’avaient pas la même vie que celle que nous avons aujourd’hui. Je ne dis pas que c’était plus facile mais différent à plusieurs égards. Ne nous sentons pas trop coupables mais essayons de faire au mieux.
      Merci pour ces encouragements.

      Kady.

Leave a Reply

Si cet article vous a plu, merci de me laisser un message.

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

*