Repas de famille en pleine mutation

Si le « passer à table » reste un rituel cher à la majorité des français, il n’en reste pas moins que les repas de famille subissent de véritables changements .Ce constat ressort de plusieurs études  :

  • selon l’OCDE, nous ne passons plus que 48 minutes en cuisine , ce qui situe les Français en deçà de la moyenne de l’OCDE.
  • Les jeunes ont développé de nouvelles habitudes, plutôt nocives, telles que le grignotage. 29% des moins de 25 ans déclarent grignoter très souvent entre les repas, 41% parfois. Un mauvais réflexe moins répandu chez leurs aînés : 15% des 40-44 ans affirment grignoter très souvent
  • Les nouvelles technologies modifient nos valeurs : 19% du temps passé à s’alimenter se fait devant un écran
  • l’IPSOS révèle que 40% des moins de 35 ans passent moins de temps à table
  • l’étude CREST du cabinet NPD Group présentée par le Figaro montre que lorsque nous ne mangeons pas chez nous, nous sommes 72,5 % à préférer les menus des fast-foods aux tables des restaurants traditionnels.
  • Christine Tartanson, directrice de Foodservice France chez NPD Group constate qu’en 2008, la restauration traditionnelle a perdu 0,8 points de parts de marché face à la restauration rapide

 

Pour différentes raisons, nous sommes de plus en plus nombreux à changer nos bonnes vieilles habitudes. Pour se fondre dans le moule de la société actuelle ! Je ne sais pas pour vous mais personnellement, cela nous demande de réelles aptitudes physiques et mentales, dignes d’un contorsionniste de renom.

Nous subissons des journées de travail qui s’allongent et qui se prolongent parfois à notre domicile. Une fois à la maison, nous avons peu de temps à consacrer aux repas. Alors, lorsqu’en plus de notre fatigue, nos petits amours décident de compliquer un peu plus les choses, nous abdiquons aussitôt. Ils ne ne montrent que peu d’intérêt à passer à table ? Nous n’insistons pas : « le bon vieux dessin animé marchera à tous les coups ». Et là, on finit souvent par s’en vouloir en se disant qu’une fois de plus, ils ont pris le dessus sur nous. Nous nous sentons un peu coupables … A  juste titre peut-être. Au delà de la petite guéguerre parents-enfants, il y a surtout le fait que nos enfants n’ont pas la capacité de savoir ce qui est bon ou mauvais pour eux.

Notre vie nous pousse malheureusement à faire l’impasse sur des points précieux : la pédagogie et la patience.

La télé, le téléphone, la tablette et j’en passe sont clairement plus doués que nous pour captiver nos enfants .

Cependant, rappelons-nous que nos enfants sont le reflet de nos propres comportements. Ils sont attirés par tous ces écrans car nous le sommes nous-mêmes. Ordinateurs et téléphones s’invitent désormais à la table familiale. Toute communication devient impossible et chaque membre de la famille s’isole dans son monde sans même en avoir conscience. Nous avons  petit à petit adopté de nouvelles règles. Nous n’acceptons plus d’attendre pour obtenir. Nous voulons tout, tout de suite ! D’où le succès des sandwichs et autres plats surgelés. Il paraît désormais absurde de passer des heures en cuisine comme le faisaient nos mères.

 

Malheureusement, les conséquences de ce style de vie sont déplorables :

  • l’obésité est la conséquence directe des repas pris devant la télévision car nous découvrons grâce à une étude britannique que 45 % des personnes interrogées expliquent aussi qu’elles n’ont pas conscience d’être rassasiées, en raison des autres activités qui accompagnent la prise du repas.
  • Le surpoids est également dû aux solutions de facilité comme les fast-foods et les snacks
  • Notre mode de vie contemporain est nocif au développement des relations sociales et à la communication au sein des familles
  • De façon insidieuse, la frontière entre notre vie privée et notre vie familiale s’affine entraînant des conflits  travail-famille.
  • Moins de temps passé à table, c’est moins de temps passé en famille, moins d’attention pour les nôtres, moins de temps à échanger et plus de risques de passer à côté de problèmes auxquels sont confrontés nos gamins

Etant conscients de cela, nous cherchons à nous affranchir de cette dictature. Nous essayons par moments de faire machine arrière pour mettre un frein à ce rythme infernal.

Certains, au sein d’un mouvement de société conseillent de lever le pied. Ils prônent le slow management, le slow sexe, le slow tourisme, le slow drinking. Ils espèrent ainsi mettre un terme aux maux du 21e siècle : « stress, mal-être, insatisfaction quant à la qualité de vie, etc.» A ce sujet, je vous recommande le bouquin « Éloge de la lenteur » de Carl Honoré qui aborde avec excellence ces problématiques.

 

Cela dit, en tant que français, nous pouvons terminer sur une note positive et pleine d’espoir. Le dîner en famille reste pour nous une tradition communément admise. Même si nous sommes de plus en plus impatients et même si nous subissons le phénomène de l’urgence continuelle, nous tenons à notre souper en famille et nous tenons à le transmettre à nos enfants (Ipsos – 8 novembre 2012).

Continuons sur cette lancée !

Et vous ? Q’en pensez-vous ? Vous reconnaissez-vous  dans ces lignes ?

Bien à vous.

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